| Date |
Départ |
Destination |
Commentaires |
| Samedi 16/06 |
Le
Versoud |
Haguenau |
La
préparation au décollage s'effectue rapidement. Hier au
soir, nous sommes passés pour inspecter F-GDIX, ses
équipements et ses documents de vol. Il est prêt au
départ. Les prévisions météo n'annoncent pas le grand beau. Il y a une couche nuageuse sur tout le trajet. Mais elle devrait assez élevée pour que nous puissions passer. Au besoin, nous nous dérouterons pour attendre une éclaircie. Nous décollons à 9h02. Vers Montbéliard, nous décidons d'abandonner notre route initiale car les Vosges sont accrochées par la couche nuageuse. Nous passons par la plaine de l'Alsace, à 1500ft, sous les espaces de Mulhouse-Bâle. En arrivant vers Haguenau, nous constatons que la réchauffe carburateur a un problème. Par chance, l'atelier de maintenance basé sur l'aérodrome est ouvert. Un mécano très sympa (Henry ?) accepte de réparer IX. Il est aidé par un pilote privé très sympa aussi, qualifié IR et ... propriétaire un Cessna Citation. Henry est justement en train de finir la révision du Citation. Nous découvrons les entrailles de IX. Nous avons droit à un cours sur les <<vis Zeus>>. Cet événement nous fait prendre la mesure de notre ignorance en mécanique avion. Nous nous promettons de parler de cela avec les instances de notre aéro-club. Nous prenons le repas de midi dans un restaurant sympa situé à coté de l'aérodrome (Le Saint Exupery?). |
| Haguenau |
Rotenburg/ Wümme |
A
notre arrivée à Wümme,
l'agent AFIS est installé à la terrasse du bar, avec
Peter, un pilote professionnel. Peter vole sur un Conquest pour une compagnie d'avion-taxi. Il entame très vite la conversation. C'est un personnage riche en couleurs. Nous posons beaucoup de questions. Peter donne beaucoup de réponses. Nous lui annonçons notre idée d'aller au Cap Nord par la Norvège. Peter est dubitatif : il pense que la Suède est un plan plus sûr. Nous passons la nuit à l'hôtel Taranga (site web). |
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| Dimanche 17/06 |
Rotenburg/ Wümme |
St-Michaelisdonn |
Le
matin, à Wümme,
la météo est incertaine. Nous décidons de faire un
petit vol jusqu'à Saint
Michaelisdonn pour voir. De plus, cet aérodrome
nous permettra d'aller au Danemark sans plan de vol. Nous survolons l'Elbe. Repas de midi dans le restaurant de l'aérodrome de St-Michaelisdonn. La déco est jolie, un rien kitsch. Le repas est très bon. Les restaurateurs sont très sympas. Patrick ne finit pas sa salade. Très pince sans rire, la patronne lui demande deux fois de finir son assiette puis renonce gentiment. Après le repas, nous attendons le beau temps... A l'aéro-club, un gars très sympa nous montre un logiciel qui affiche des images radars sur lesquelles apparaissent les zones de pluie. Le temps semble s'améliorer par l'Ouest. Nous irons donc vers Tonder plutôt que Sonderborg. |
| St-Michaelisdonn |
Tonder |
Arrivés
à Tonder,
nous apprenons qu'un Fly-In avait lieu sur l'aérodrome et s'est
terminé peu de temps avant notre atterrissage. Un De
Havilland se prépare au départ. On est au Danemark ! Donc photo de groupe. On admirera la technique de Patrick... Un membre de l'aéro-club nous dépose en ville, près du Motel de Tonder. Repas dans un restaurant italien. Promenade digestive dans les rues de Tonder et son plan d'eau. Le matin, la propriétaire du Motel nous emmène elle-même à l'aérodrome. Sympa. |
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| Lundi 18/06 |
Tonder |
Jonkoping |
Ce
matin, la décision
devient officielle : nous irons au Cap Nord par la Suède.
L'incertitude de la météo sur le Nord du Danemark et de
la Norvège, les conseils de Peter, les prévisions
plutôt positive sur la Suède ont poussé dans ce
sens. Cela dit, plusieurs heures de préparations passent
à la poubelle... Une bonne partie du vol s'effectue à 1500ft, sous les espaces de classe C des aéroports de Copenhague et Roskylde. Nous survolons enfin la Suède et ses sapins. A Jonkoping, les dernières polaires sortent de leur sac : la température commence a se faire fraîche. Un bimoteur atterrit puis se gare non loin de nous. Un des membres de l'équipage se dirige vers nous nonchalamment. L'homme est français, instructeur à l'EPAG. Il est actuellement détaché chez KLM. Il effectue un vol d'instruction avec trois élèves-pilotes. Nous expliquons notre projet d'aller au Cap Nord. << Ca devrait passer sans problème >> dit-il avec détachement. Nous précisons que nous volons VFR. <<Ah, en VFR... >> répond-il, toujours aussi détaché... Nous mangeons à la cafétéria de l'aéroport. Escalope de porc pané ou poisson, en sauce bien sûr. Pas forcément diététique. Mais ça tient au corps... Séance de navigation à l'étage, sur de grandes tables, avec vue sur l'aérodrome. |
| Jonkoping |
Gävle |
Nous
repartons pour Gävle.
Le ciel
est toujours le même : il est couvert mais la visibilité
est bonne. Ce sera désormais notre météo
quotidienne jusqu'au Cap Nord. Nous sommes encore a un quinzaine de minutes de Gävle lorsque l'un d'entre nous s'exclame: << on a franchit le 60eme parallèle ! >>. Ca y est. Nous avons battu notre record des Shetlands. Le premier objectif est atteint. Ce soir, on fêtera ça avec une bière. A Gävle, nous contactons l'AFIS mais n'obtenons pas de réponse. En passant vertical, nous repérons une moto roulant sur le taxiway. Puis d'autres sur le parking de l'aérodrome. Le doute s'installe : l'aérodrome serait-il fermé aux avions ? Aurions-nous mal lu la documentation ou louper un notam ? Une fois atterri, les motards nous apprennent que l'aérodrome héberge une école de moto. Ils utilisent une partie du parking et un des taxiway pour s'exercer. A côté de l'école de moto se trouve un atelier de maintenance. Plus loin, un petit bâtiment ressemble à un aéro-club. Nous rencontrons David (mais Patrick préfère l'appeler Jerry), le patron de l'atelier de maintenance. Il explique que lui et son équipe font de heures supplémentaires pour finir les travaux en cours. Il confirme que le service AFIS ferme désormais très tôt à Jonkonping mais qu'il est tout à fait permis d'atterrir en dehors des horaires du service. Nous voilà rassurés. David part acheter des pizzas pour ses collègues. Il propose de nous déposer au village le plus proche pour que nous puissions prendre un taxi. La chauffeuse de taxi est sympa : elle téléphone de sa voiture et réserve un hôtel pour nous à Gävle. En route, elle nous explique que << vendredi, c'est Mid-Summer >>. C'est un jour férié qui permet aux Suédois de célébrer l'été. C'est un événement très important en Suède, comparable à Noël en France. Nous en prendrons pleinement la mesure plus tard... Les chambres d'hôtel sont minuscules, genre cité universitaire. Heureusement, il y a un pub a côté de l'hôtel. Les Fajitas sont bons. |
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| Mardi 19/06 |
Gävle |
Ornsköldsvick |
Une
bonne partie du vol se fait
sur le littoral. Il y a des éclaircies et même du ciel
bleu. Le vol est plutôt décontracté. A Ornskoldsvick, nous ravitaillons. Rien de notable hormis le fait d'enlever ses chaussures avant de monter voir le contrôleur, soucieux de sa moquette, dans sa tour. |
| Ornsköldsvick | Gällivare |
Nous
repartons vers
Gällivare. La couverture nuageuse a repris sa place. Nous
repérons assez facilement les zones de pluie et les contournons.
La visibilité est très bonne. Des sapins, des lacs, des lacs, des sapins... souvent une petite maison au bord d'un lac ou perdue dans la forêt... plus rarement un village ... des sapins aussi... Nous repérons le VOR NAT assez facilement. Le paysage s'y prête bien, il faut l'avouer... A l'approche de Gällivare, la ville et l'aérodrome semblent noyés dans la pluie. Ennuyant ça, car il y a une zone dangereuse (la D 155) dans les environs. C'est en fait une gigantesque mine à ciel ouvert. Jeu : trouver la piste sur cette photo et puis sur celle-ci. L'aérodrome n'est en fait pas dans la pluie. Peu après notre atterrissage, un vol régional décolle et s'élance vers la couche sombre. Le vent est vif. Après le ravitaillement, nous attachons IX aux anneaux fixés dans le tarmac, nez au vent. Nous déposons nos affaires dans le premier hôtel venu puis partons explorer Gällivare à pied. L'exploration est limitée car la ville est petite. Elle est bordée par une rivière. La plupart des bâtiments sont de construction récente et n'ont guère de charme. Seule la gare témoigne encore d'une architecture plus ancienne et probablement révolue. Ce jour là, elle fait figure de centre d'intérêt : une (la?) compagnie ferroviaire fête son centenaire en exhibant une superbe locomotive à vapeur. Tous les badauds sont là. Retour à l'hôtel. Pas très loin, des adolescents jouent sur un terrain de basket. Il est minuit. Il fait jour à Gällivare... |
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| Mercredi 20/06 |
Gällivare | Alta Banak |
Nous
décollons à
destination de Alta. C'est le dernier aérodrome sur la route
avant celui du Cap Nord. Nous allons quitter la Suède, survoler
la Finlande pendant une dizaine de minutes et enfin entrer en
Norvège Nous retrouvons notre plafond nuageux. Et les sapins. Mais les villages sont quasiment inexistants désormais. Les premières plaques de neiges apparaissent et révèlent la diminution de température. A l'approche de la Finlande, nous quittons le contrôle suédois et passons sur la fréquence Finlandaise. Pas de réponse. Nous sommes peut-être trop bas. Ou ce n'est peut-être pas la bonne fréquence. Mais le survol de la Finlande ne dure que dix minutes. Au sol, les sapins laissent rapidement la place à la lande et aux marais. Vu d'en haut, le sol parait spongieux. A l'horizon le relief s'élève. Ce sont les montagnes norvégiennes qui bordent le littoral. Le cap nord se cache quelque part là-bas derrière. Nous approchons de notre but... Mais la frontière Norvégienne arrive très vite. Nous contactons le contrôle Norvégien. Pas de réponse non plus. Normal nous volons bas. Réglementairement, cependant, nous aurions du annoncer les deux passages de frontière. On verra bien... A l'approche d'Alta, le relief s'élève. Un grand lac apparaît, encadré par les montagnes. Nous devons trouver une vallée sur la gauche pour atteindre Alta. Mais la visibilité à l'Ouest se dégrade. Les montagnes semblent accrochées. Après quelques minutes d'hésitation, nous décidons de nous dérouter vers l'Est où la visibilité semble meilleure. Notre destination sera Banak, l'autre aérodrome proche du Cap Nord. L'atmosphère reste tendue. Banak se cache derrière des montagnes. Nous les contournons pour rejoindre la vallée qui doit nous amener vers l'aérodrome. Mais le fond de la vallée s'élève aussi. Pour couronner le tout, la carte indique une zone dangereuse. Nous contactons la tour de Banak qui nous informe que les conditions météo au dessus de l'aérodrome sont bonnes. Effectivement, en vue de l'aérodrome, cela semble beaucoup mieux. Nous franchissons le 70eme parallèle. Mais sans nous en apercevoir car l'approche du terrain monopolise toute notre attention. Nous atterrissons face à la mer. Pendant l'avitaillement, un gros hélicoptère SeaKing s'entraîne au dessus de la piste. Ses évolutions sont impressionnantes. Surtout pour un engin de cette taille. Un agent au sol nous indique qu'il s'agit de l'hélicoptère chargé du secours en mer. Son équipage effectue la plupart de ses missions aux instruments avec des détecteurs infra-rouges pour repérer les naufragés. Respect silencieux. Nous laissons IX garé auprès de l'aéro-club, les <<local heroes>> comme les appelle l'agent qui nous accompagne. Dans l'aérogare, le patron du snack-bar ouvre pour nous et nous prépare des hamburgers. Sympa. |
| Banak |
Le
Cap Nord Honnigsvag |
C'est
le dernier vol. Les
conditions météos sont bonnes au dessus de Banak. Mais,
au loin, à l'embouchure du fjord, la couche nuageuse est
toujours présente. Un membre de l'aéro-club souligne que
le temps peut-être très différent là-bas. Un
coup
de téléphone à la tour de Honnigsvag donne le feu
vert : la couche n'est pas très haute mais la visibilité
est bonne. Nous décollons. Le vol est court. Une demi-heure pour rejoindre l'embouchure du fjord ou se trouve l'île et le Cap Nord. Ca fait quand même un fjord de 90 km... Puis l'île du Cap Nord est là. Elle est montagneuse et parait grise sous le plafond nuageux. Nous repérons une ville sur le coté Sud de l'île. Mais pas l'aérodrome qui est caché par les montagnes. Nous contournons l'île par l'est. Arrivé sur le côté Nord, une falaise grise abrupte se détache et tombe dans la mer. C'est lui, c'est sûr... Le 20 Juin 2007, vers 15h20, nous survolons le Cap Nord. Ca y est... On l'a fait... Maintenant nous devons atterrir à Hönnigsvag. Nous allons changer de pilote puis revenir. En effet, nous avons décider que les trois pilotes devaient avoir le privilège de survoler le Cap Nord. L'aérodrome se trouve dans une baie cernée par le relief. En vent arrière, on n'y fait pas trop attention. Mais, en dernier virage et en finale, les montagnes sont impressionnantes. Surtout quand on regarde vers sa droite... Finalement IX se retrouve au parking sur l'aérodrome d'Honnigsvag. Pour quelques minutes seulement... |
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| Honnigsvag |
Le
Cap Nord Honnigsvag |
Nous
changeons de pilote et
très rapidement, nous re-décollons.
C'est au tour de Patrick d'aller survoler le cap. Nous refaisons le parcours mais en prenant le temps de contempler un peu plus le contour ciselé de l'île, les reflets sur l'eau, les criques, les multiples lacs... En nous demandant si les touristes aux sols ont repéré cet avion qui vient et revient au dessus de leur nez... Retour à Honnigsvag. Nous décidons d'aller visiter le Cap Nord en taxi. Daniel survolera le cap au retour puis nous ramènera vers Banak pour passer la nuit. L'aérodrome et le Cap Nord sont séparés par une trentaine de kilomètres de route. Une quarantaine de minutes sont nécessaires pour les parcourir. Pendant le trajet, le chauffeur de taxi nous explique qu'il vit ici toute l'année et qu'il aime ça. Il est habitué aux jour et nuit permanents. Il aime la neige, la moto-neige... Ici, bien sûr, il y a ce qu'il faut... Son travail de taxi est saisonnier. En hiver, il fait d'autres choses (mais ne donnent pas de détails). Il explique que l'activité économique est composé du tourisme mais aussi de la pêche. Nous arrivons au Cap Nord. Nous découvrons une infrastructure touristique très organisée. Une très large enceinte enferme le lieu et l'entrée est payante. Une fois la porte franchie, nous découvrons un grand et beau bâtiment totalement vitré sur sa façade Nord. Il est accompagné d'un autre bâtiment et plusieurs monuments. Nous dirigeons vers le plus célèbre d'entre eux : le globe terrestre situé au bord de la falaise. Et prenons la photo souvenir... Un passage rapide à la boutique à souvenir. Puis nous retrouvons notre taxi et repartons vers l'aérodrome. |
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| Honnigsvag |
Le
Cap Nord Banak |
Nous
re-décollons une
deuxième et dernière fois d'Honnigsvag. Daniel est aux
commandes. Nous survolons une troisième fois le Cap Nord puis faisons route sur Banak. La lumière du soir devient rasante. Elle s'insère entre l'horizon et les nuages et créée des magnifiques reflets sur l'eau. Les appareils photos crépitent... A l'approche de Banak, la couche nuageuse disparaît et laisse la place à un beau ciel bleu. Et c'est finalement au delà du 70eme parallèle que nous effectuons notre premier atterrissage ensoleillé. La cerise sur le gâteau... Ravitaillement. IX au parking. Un des agents de l'aérodrome nous emmène à un hôtel très proche de l'aérodrome. Les chambres sont baignées par la lumière polaire. L'hôtel fait aussi pub et restaurant. Nous célébrons notre victoire avec une bière. Puis nous nous interrogeons : allons nous resdescendre par la Suède ou par la Norvège ? La Norvège c'est le survol de côtes probablement superbes mais avec une météo capricieuse et le risque d'être bloqué quelque part. La Suède c'est refaire le même chemin mais avec une météo moins incertaine et en terrain connu. Finalement, nous optons pour la Suède. L'objectif du voyage était avant tout le Cap Nord. Il est atteint. Désormais il nous faut rentrer... |
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| Jeudi 21/06 |
Banak |
Gällivare |
Jeudi
va être une grosse
journée : nous avons décider d'effectuer trois vols.
Tôt le matin nous décollons de Banak vers Gällivare.
Nous retrouvons notre ciel suédois. Une couche nuageuse au
dessus nos têtes. Des zones de pluies que nous repérons de
loin et
contournons. A l'arrivée à Gällivare, il pleut et le ciel est plutôt sombre. Pendant que nous remplissons les réservoirs d'IX, Daniel part récupèrer le chargeur de son Palm. L'objet se trouve à l'hôtel dans lequel nous avons dormi mardi soir. L'hôtelière a accepté de le faire apporter à l'aérodrome par taxi. Daniel ressucite. Il ne tombera pas en rade de téléphone portable, de carnet d'adresse, d'agenda électronique, de convertisseur de monnaies... Le snack-bar lui est fermé. Son propriétaire est invisible. Tant pis. Nous mangerons plus tart. Nous re-décollons. La mine est toujours aussi impressionnante... |
| Gällivare | Ornskoldsvick |
La finale
sur Ornskoldsvick est ensoleillée. Notre agent d'aérodrome est passionné par le hokey sur glace. Il nous explique que c'est le sport qui fait vibrer la ville d'Ornskoldsvick. <<Le meilleur joueur de hokey suédois fait partie de l'équipe d'O-vick>> déclare-t-il tout en retirant sa chique de sa bouche et en expulsant un jus de salive noir ! Une coutûme locale probablement... Il nous fait aussi remarquer que << demain, c'est mid-summer >> et que l'aérodrome sera fermé comme beaucoup d'autres. Nous réalisons d'un coup que cet événement va compliquer notre retour. Où allons nous trouver de l'essence ? |
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| Ornskoldsvick | Gävle | Lorsque
nous atterrissons
à Gävle, le service d'aérodrome est une fois de plus
fermé. Les motards sont toujours là. Nous retrouvons David (alias Jerry) le patron de l'atelier de maintenance. Il confirme que l'aérodrome sera fermé demain. Pas de ravitaillement possible. Ni ce soir, ni demain. Nous appelons les aérodromes de la région. La plupart sont déjà fermés. Presque tous seront fermés demain. L'aérodrome de Borlänge est ouvert encore tard ce soir. Mais il sera fermé demain. C'est notre seul solution pour remplir les réservoirs d'IX. Avant de partir pour Borlänge, nous constatons qu'IX a consommé de l'huile et approche le niveau bas. David nous vend un bidon d'huile qui nous permet de restituer le niveau normal. |
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| Gävle |
Borlänge |
La
couche nuageuse est dense,
peu élevée et la lumière baisse en ce début
de soirée. Heureusement le vol est court et la visibilité
est bonne. Nous atterrissons à Borlänge
sans encombre. Les agents d'aérodrome nous confirme que l'aérodrome sera fermé demain. Mais ils nous proposent de nous fournir un badge qui nous permettra de rentrer dans l'aérodrome et repartir demain. Sympas, les gars... Nous ravitallions IX. Nous embarquons le maximum d'essence. Nous voulons avoir le maximum d'autonomie demain afin de pouvoir trouver un aérodrome avec de l'essence. Tiens, ils ont recyclé le bureau de piste à Borlänge :) |
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| Vendredi 22/06 Mid-summer |
Borlänge | Linköping Borlänge |
Réveil
à 4h00.
Décollage à 5h50. Atterrissage à 6h05. Nous nous sommes levés très tôt afin d'atterrir à Linköping entre 7h00 et 8h00. C'est en effet la seule plage horaire pendant laquelle nous pourrons avoir de l'essence. Les autres aérodromes de la région sont fermés ou ne fournissent pas d'essence aujourd'hui. Mais, à peine en l'air, nous réalisons que la poursuite du vol est impossible. La visibilité n'est pas bonne. Les nuages sont trop bas. Nous atterrissons immédiatement. Nous décidons de garer IX au parking de l'aéro-club. Sans le badge, nous n'avons plus accès à l'aérodrome officiel. Mais l'aéro-club, lui, nous permettra de rejoindre IX à toute heure (vive la sécurité!). Nous retournons à notre hôtel (Scandic) pour finir notre nuit. Nous passons la fin de la matinée devant l'ordinateur de l'hôtel à analyser les bulletins météo. Conclusion : nous ne volerons pas aujourd'hui. Nous décidons donc d'aller manger puis d'aller marcher dans la ville. Il n'y a pas grand monde. L'hôtesse de l'office du tourisme nous explique que << beaucoup de monde va à Torsång fêter Mid-Summer >>. Torsång est à l'est de l'agglomération. C'est un lieu-dit qui borde le grand lac de Borlänge. Beaucoup de suédois accostent leur bateau dans les canaux. Et débouchent les bouteilles... Sur les berges, les badauds circulent. L'après-midi ne fait que commencer mais il y a déjà beaucoup de monde. C'est Mid-Summer... Nous retournons en ville en fin d'après-midi et nous retrouvons le soir dans un restaurant un peu rock&roll mais un peu glauque aussi. L'endroit accueille probablement les rebelles qui ne veulent pas passer Mid-Summer à Torsång comme tout le monde. La nourriture et la musique sont bonnes. Beaucoup de convives sont bourrés... |
| Samedi 23/06 |
Borlänge | Stockhoml/Skavsta Västeras/Johannisberg |
Nous
décollons vers 11h00 à destination de Skavsta. Cet
itinéraire nous déporte à l'est de notre route.
Mais nous espérons ainsi contourner la zone de mauvais temps qui
est installée sur Linköping et sa région. Et
progresser ainsi un peu... Nous survolons l'extrémité ouest du grand lac Malaren qui s'étire jusqu'à Stockholm, une centaine de kilomètres à l'est. Sur le lac, une fois encore, l'horizon se brouille et la visibilité baisse. Nous décidons de faire demi-tour et d'atterrir à Johannisberg, un petit aérodrome sur la rive nord-ouest du lac Malaren. Au sol, nous trouvons toutes les portes closes. Il y a pourtant un aéro-club de vol moteur, un autre de vol à voile, plusieurs hangars, des avions au parking. Mais il n'y a aucun signe de vie. L'aéro-club de vol à voile dispose d'une petite terrasse abritée par un auvent et munie de confortables fauteuils. Nous nous installons. Et nous attendons... En milieu d'après-midi, un homme arrive à l'aéro-club de vol moteur. Nous nous présentons. L'homme est en fait le vice-président. Il nous ouvre les locaux et nous permet de consulter la météo. Il n'a pas d'impératif et passe un moment avec nous. Il nous fait visiter les hangars de l'aéroclub et nous raconte des anecdotes (comme le DA40 qui a décollé avec sa canne encore accrochée à sa roulette de nez !). Puis nous retournons nous installer sur la terrasse de l'aéro-club de vol à voile. Et nous attendons... Sans jamais céder à la paresse, nous pratiquons la méditation, la réflexion introspective... Il se met à pleuvoir fortement... Nous ne volerons plus aujourd'hui. Nous appelons un taxi et rejoignons un hôtel. |
| Dimanche 24/06 |
Västeras/Johannisberg | Ljungby/Feringe Västeras/Johannisberg |
Tôt
le matin, nous rejoignons l'aérodrome de Johannisberg encore
endormi. La couche nuageuse est toujours aussi dense et aussi basse.
Nous décidons d'aller jusqu'à Feringe, un petit
aérodrome situé 150 km au sud de Jönkoping sur
lequel nous pourrons avitailler. Décollage. Le plafond est à 600ft. Atterrissage immédiat en prenant soin de ne pas rentrer dans la couche. Nous retournons à l'aéro-club. Aujourd'hui il y a du monde. Nous rencontrons un constructeur amateur. Il nous emmène dans un petit hangar et nous présente ses travaux en cours. Il est en train de construire un avion 4 places à partir d'un kit Dyn Aéro. Il espère terminé son projet avant la fin de l'année. |
| Västeras/Johannisberg | Ljungby/Feringe | Nous
redécollons vers 11h00. Les dernières prévisions
confirment l'amélioration de la météo. La couche
nuageuse est toujours aussi présente mais elle est plus haute et
a perdu son aspect stratiforme. Nous atterrissons à Feringe sous un soleil timide mais avec un solide vent de travers. Nous sommes accueillis par un ancien très sympa. Il nous offre le café et nous explique sobrement que l'aérodrome est la copropriété de deux aéro-clubs et de quelques pilotes privés. Il a lui-même construit son propre avion, un RV à train classique. Il vole avec depuis 1987 et s'apprête justement a faire un vol. Quelques minutes plus tard, nous l'observons en train d'effectuer un parfait atterrissage, trois points, vent de travers. Beaucoup de maîtrise cachée derrière cette sobriété... |
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| Ljungby/Feringe | Sonderborg Sydfyn/Tasinge |
Lorsque
nous redécollons vers 15h00, la couche nuageuse s'est
transformée en cumulus épars et laisse désormais
transparaître le soleil et le ciel bleu. Après une heure de vol, nous passons la frontière du Danemark. Nous volons à 1500ft pour rester en dessous de l'espace de classe C de Copenhague. La couche nuageuse s'est reformée et assombrie. Nous contournons un gigantesque cumulo-nimbus en train de déverser ses averses au nord de Copenhague. Nous passons auprès du pont de la Grande Ceinture, le bras de mer qui sépare les îles de Funen et de Zealand où se trouve Copenhague. La visibilité baisse. Sonderborg n'est plus qu'à une dizaine de minutes de vol lorsque nous décidons de nous poser sur le petit terrain de Sydfyn Tasinge. Au sol, nous rencontrons l'agent en charge du terrain. Elle explique que le terrain est surtout fréquenté par des ULM mais que l'activité est en baisse. Notre déroutement a rompu la monotonie de sa journée. Après analyse de la météo, nous décidons de repartir vers l'Allemagne désormais toute proche. Notre destination sera Wümme. |
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| Sydfyn/Tasinge | Rotenburg/Wümme Husum Schwesing |
Après
avoir déposé le plan de vol réglementaire, nous
redécollons. Mais la visibilité n'est pas bonne. Elle nous oblige à aller à l'ouest de notre route. Après un vol d'une cinquantaine de minutes, nous décidons d'atterrir à Husum-Schwesing. A la verticale, nous terrain nous découvrons une base militaire avec des abris bétonnés, un chasseur sur le parking, de multiples équipements militaires... Le doute nous assaille : le Bottlang indique que l'aérodrome est civil mais peut-être y-a-t-il une erreur ? Nous atterrissons. Avec soulagement, nous constatons que l'aérodrome est clairement séparé de la base militaire par une enceinte. Le chasseur au parking n'est plus qu'un inoffensif retraité. La tour est apparemment fermée. Mais quelques minutes plus tard arrive une voiture et un couple se présente. L'homme est le responsable de l'aérodrome. Il retournait à son domicile avec son épouse lorsqu'un appel téléphonique du contrôle aérien de Brême l'a informé qu'un avion léger se déroutait vers son terrain. Avec beaucoup de gentillesse, le responsable et son épouse se charge de nous trouver un hôtel et un taxi. Nous terminons la journée par un très bon repas dans un pub allemand de Husum. |
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| Lundi 25/06 |
Husum Schwesing | Bielefeld Rotenburg/Wümme |
Nous
décollons à destination de Bielefeld, un aérodrome
au sud-ouest de Hannovre. La couche nuageuse est dense et la visibilité moyenne. Nous passons vertical Wümme, l'aérodrome sur lequel nous avons fait étape à l'aller. Quelques nautiques au sud, la visibilité devient médiocre et nous décidons de nous dérouter. Nous choisissons de retourner vers Wümme car c'est un terrain qui nous est désormais familier. A l'approche du terrain, nous nous préparons un atterrissage en piste 26 puisque la météo indique des vents de secteur Ouest. Pourtant l'agent AFIS nous indique la piste 08 en service. Le terrain n'ayant pas de manche à air, nous suivons cette recommandation. En finale, le seuil semble approcher très vite. Après l'arrondi, nous rebondissons et avalons une grande partie de la piste, heureusement longue. Bizarre... Au sol, un coup d'oeil sur l'anémomètre de la tour confirme que le vent est bien de secteur Ouest. Il fallait atterrir en 26. Nous nous sommes posés en 08, en vent arrière... Comme à l'aller, nous avons encore le sentiment de déranger l'agent AFIS lorsque nous montons à la tour pour les formalités d'atterrissage. Il nous délivre une météo avec mauvaise grâce. Nous passons le reste de la matinée à attendre une amélioration. Mais l'amélioration tarde. Nous décidons d'aller rendre visite à l'école de pilotage située un peu plus loin sur l'aérodrome. Nous rencontrons une jeune femme qui nous explique qu'elle est la propriétaire de l'école. Elle est elle-même pilote d'avion et d'hélicoptère. Elle emploie des instructeurs pour l'enseignement du vol. Elle assure la formation théorique. Elle loue aussi ses avions et ses hélicoptères à des pilotes privés. Très gentiment, elle nous donne accès à internet et ouvre sa salle de briefing pour que nous puissions préparer notre navigation. Les prévisions météo ne sont pas réjouissantes. Une grande partie de l'Allemagne est traversée par une dépression. La région de Frankfort semble difficilement franchissable. Nous verrons demain... Le soir, nous retournons à l'hôtel Taranga. |
| Mardi 26/06 |
Rotenburg/Wümme | Sarrebruck Paderborn |
Nous
décollons à destination de Sarrebruck, très peu
convaincus d'y arriver en une seule étape. La couche nuageuse est toujours aussi dense et basse. Un vent fort souffle du sud-ouest. Nous volons à 1500ft en contournant les zones de pluie et les villes. Vers Porta Festfalica, le relief s'élève et nous oblige à voler plus haut. Peu de temps après, la visibilité baisse et l'horizon se bouche. Nous nous déroutons vers Paderborn, un aéroport régional. En finale, la pluie s'annonce. Le vent souffle très fort mais dans l'axe heureusement. Nous avitaillons rapidement et garons IX face au vent. Il pleut maintenant à verse. Le ciel est noire. La manche à air est à l'horizontal. Nous nous sommes posés à temps... Au briefing, les prévisions météo ne sont pas optimistes. Il y a peu de chance que nous redécollions aujourd'hui. Daniel est soucieux. Il a un rendez-vous très important mercredi après-midi à Grenoble. Il est désormais conscient que nous avons peu de chances d'arriver à temps. Dans le terminal de l'aéroport, il apprend qu'un vol à destination de Frankfort part dans une demi-heure. De là, il pourrait prendre ensuite un vol pour Lyon et être à Grenoble le soir même. En quelques minutes, sa décision est prise : il achète le billet, enregistre son sac et se dirige vers la porte d'embarquement. Un peu triste, toutefois, de ne pas finir le vol avec nous... De notre côté, nous reprenons notre attente. En sommeillant. En fin d'après-midi, il est désormais clair que nous ne volerons plus aujourd'hui. Nous retournons sur le tarmac afin d'attacher IX pour la nuit. Alors que nous terminons l'opération, un agent de la tour nous propose une place dans un hangar. Il explique que la météo prévoit un vent violent toute la nuit. Une place étant libre dans le hangar, il nous propose de mettre notre avion à l'abri, sans supplément de taxe. IX se retrouve donc bien au sec, dans un énorme hangar en compagnie de deux biréacteurs. Sympas, les contrôleurs de Paderborn... Nous passons la nuit à l'hôtel de l'aéroport. |
| Mercredi 27/06 |
Paderborn | Sarrebruck Paderborn |
Au
petit matin, le vent est toujours aussi fort et constant. La manche
à air est toujours à l'horizontal. Mais la couche
nuageuse n'est plus aussi stratiforme et semble plus
élevée. Nous décollons donc à destination
de Sarrebruck. Après quelques minutes de vol vers le Sud, nous réalisons notre erreur : la météo s'est dégradée rapidement pendant que nous préparions le décollage ; la visibilité est mauvaise ; l'horizon très proche. Nous appelons la tour pour revenir vers l'aérodrome. Par chance, il n'y a pas de trafic. Le contrôleur nous donne l'autorisation d'atterrir en fin de vent arrière. En finale, la pluie arrive. Nous allons récupérer un bulletin météo et nous reprenons notre attente... |
| Paderborn | Sarrebruck | En
milieu de matinée, la visibilité s'améliore. Il ne
pleut plus. L'horizon apparaît nettement. Nous tentons un second
décollage. Nous volons bas en contournant les zones de pluie. Au travers de Frankfort, les conditions météo s'améliorent. La couche commence à se disloquer et le soleil commence à paraître. Nous atterrissons à Sarrebruck en fin de matinée avec de belles éclaircies. |
|
| Sarrebruck | Le
Versoud |
Nous
sautons le repas et redécollons en début
d'après-midi. Nous avons déposé un plan de vol
pour Haguenau. Si la météo est bonne, nous fermerons le
plan en vol et nous poursuivrons jusqu'au Versoud. Dans la zone de Strasbourg, nous décidons de poursuivre. Mais le contrôleur nous informe qu'il n'est pas possible de clore le plan en vol. Il nous propose toutefois d'étendre le plan existant jusqu'au Versoud. Vers Montbéliard, le Jura apparaît clairement accroché par la couche nuageuse. Nous décidons donc de le contourner en passant par Besançon, Lons-Le-Saulnier et Bourg-En-Bresse. Nous atterrissons au Versoud vers 17h30, après un vol de plus de trois heures. Les habitudes reprennent le pas. Taxi jusqu'à la pompe. Roulage au parking. Notre voyage au Cap Nord est terminé... |